« Restons nous femmes fatales, épanouies, lors de nos grossesses ou bien endossons nous, tous les traits de la maternité, ceux qui donnent à la femme une image si maternelle ? Sommes-nous si différente, de celle que nous étions, avant d’être enceinte ?
Impossible d’ouvrir une page de magazine, grand public, sans lire des articles du type, bien vivre son épanouissement sexuel, êtes-vous clitoridienne ou vaginale ?, le point G, le mode d’emploi des nouveaux sex-toys, où comme j’ai pu lire il y a quelques temps de cela, dans un magazine bien en vogue, un test titrant, « Quelle salope êtes-vous » ? On nous apprend la séduction, ou comment mettre en scène, nos fantasmes les plus fous. Je me demande parfois, si ces personnes, qui écrivent ces articles, s’adressent aussi aux femmes enceintes, celles qui, au fil des jours, voient leur corps se modifier. Cela paraît peu probable, au vu des titres peu glamour, qu’il nous est donné de lire : maîtriser son poids et autres excès de graisse, lutter contre les vergetures, contrôler sa transpiration et soulager son aérophagie, tout savoir sur l’épisiotomie, calmer ses douleurs mammaires et apprendre à gérer ses montées laiteuses. Je dirais, qu’après avoir lu consciencieusement, toutes ces pages de magazine de presse, j’en perds mes repères. Ô secours ! Devenir mère, est-ce mettre aux oubliettes, nos fantasmes, ne plus être capable de jouissance ? La femme enceinte n’aurait-elle pas d’autres attraits, que celui d’enfanter ? Ne reste t-elle pas, femme pour autant ? »
Extrait du livre « Désir et Grossesse »
Héléna

